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Debout.

Y a les casseurs de toiles et les rêves aux étoiles… Y a les même, toujours, fidèles au poste, les  semblants d’arapèdes qui s’accrochent au peu de pouvoir qu’il leur reste… Y a les mots qu’on pourrait se dire, ceux qui peuvent encore s’écrire, au-delà des luttes et au-delà des cultes. Y a des cortèges en carnaval, des couleurs sous les pneus, des couleurs sur les murs. Y a un monde qui se réinvente.

Comment on fait, dis, tu sais, toi, comment on fait, quand tout ce qu’on a est vieux et qu’il nous faut du neuf?

Tu crois que ça suffit, toi, de s’asseoir en rond sur les places et d’écrire ce qu’on voudrait qu’ils fassent ?

Ils ne parlent plus pour nous depuis longtemps. On a oublié les luttes, on n’a gardé que les cultes. Les cultes aux anciennes luttes qu’on aurait gagnées, dans le temps. Mais la lutte ça ne se gagne pas. Ça s’entretient la lutte. C’est un mode de vie, la révolte, quand tu refuses le blase, quand tu restes indigné, quand la moindre injustice te prend à la gorge comme si c’était ton souffle qu’on voulait couper. Pas besoin de barre de fer. Juste réfléchir à ce qu’on veut te faire faire. Courir en sens inverse, toujours. Toujours tourner le dos au système. Le comprendre, l’appréhender, l’intégrer. Pouvoir le prédire. Et tourner les talons.

Trouver le second souffle. Ou le cinquième. Ou le millième. Rester mobile. Dans nos corps. Dans nos têtes, dans nos esprits. Réactifs contre les réacs.

Dans nos chants tout est à nous, pourtant on a tellement à apprendre. Apprendre à réapprendre, et à réinventer. Se réinventer, unique et ensemble. Changer de dimension, changer nos dimensions. Passer de la survie au construit, de la réaction à l’anticipation.

Non, on ne rentre pas, non on ne se couche pas, on a repris les places, on se prépare au décollage. Histoire de regarder comment c’est fait en bas, à quoi ressemblent nos cages… Mais pas que. D’en haut on peut voir les plages et les marécages, d’en haut on voit de quelle couleur est la mer et les glaciers qui fondent. On va quitter notre espace, on va s’élever des places. On s’épandra dans la rue, dans les quartiers, dans les villes, dans les villages et les champs.  On se quitte et on se trouve, quand on va vers ceux qui nous troublent. Et dans cet instant, précisément dans cet instant, on n’est plus un pays, on n’est plus une nation. On est multiple et un. On est le monde, demain.

Debout